La Justice
La Justice, un paradoxe ?
Que faut-il entendre par justice ? Celle des hommes ou celle de sa conscience ?
Les deux sont fausses aujourd'hui. La première parce qu'elle répond à des critères d'intérêts de société, d'état, ou à des règles établies par les hommes et influencées par le gain et le pouvoir. La seconde est tout aussi fausse parce que l'homme, ayant perdu toute notion spirituelle, toute notion du sacré, n'a plus de respect pour rien et pour lui-même.
Partant d'ailleurs d'autres prémices, on peut remarquer aussi que la justice n'existe point, qu'elle appartient à l'ordre des choses qu'il faut faire justement parce qu'elles ne sont point. Mais la question qui se pose alors est : quelle justice ?
Toujours dans cette optique, la justice est sans quoi les valeurs cesseraient d'être des valeurs, ce qui nous ramène à cette question lancinante : Qui est-elle ? Que vaut-elle ?
Il n'est personne qui ne se pose cette question, car au mot de "justice", on associe toujours ou presque les notions de "vrai" et de "faux", de "biens" et de "mal", et cela conduit inéluctablement à un dogmatisme du pouvoir politique ou temporel. Aussi, n'est-il pas étonnant qu'on puisse ne pas aimer le terme de justice dans lequel on voit encore une rétribution et une punition. Faut-il admettre que c'est la peur du gendarme qui fait évoluer le genre humain ?
On a ici la raison qui fait qu'ici et là, on préfère le terme de "justesse", voire "d'ajustement" dans son sens mécanique. La justesse est alors de tenir compte de l'autre, de ses dimensions et de notre devenir commun.
Si on se penche sur la vie quotidienne d'une famille monoparentale, par exemple, que constatons-nous ? Ce monde, où n'existe aucun contre-pouvoir, est confronté plusieurs fois par jour, aux décisions, réactions, attitudes et appréciations de justice.
Or, l'enfant a un sens très développé de la justice rigoureuse tout en sachant d'ailleurs profiter de la moindre faille qu'il y découvre. Il faut donc bien admettre qu'il faut être au moins deux pour que puisse s'exercer la justice : celui qui la prononce et celui qui la subit.
Comme intention d'équité (reconnaissance de ce qui est adéquat) la justice est politique d'abord, mais elle peut aussi se grandir et, passant à l'étage supérieur, devenir une vertu morale. C'est quand elle impose le respect absolu des droits d'autrui. Avec Aristote, on dira alors que le juste est ce qui est conforme à la loi et respecte l'égalité, tandis que l'injuste est ce qui est contraire à la loi.
Dès lors, la justice sera harmonie, lien social. Justice profane, certes, mais inéluctable dans notre monde. Elle est construite sur des règles que nous appelons "droits". Arrivé à ce point, on constate que les jeux mêmes sont devenus des compétitions où il convient de veiller à ce que certaines lois ne soient pas transgressées.
Par conséquent, il n'est pratiquement plus possible de jouer à quoi que ce soit sans devoir s'en tenir à des règles, sans qu'il y ait des perdants. Dans la vision actuelle du monde, force est de constater que la Loi, autrefois intérieure à l'homme, est devenue aujourd'hui totalement extérieure.
Ce que laloi autorise, on le fait. Mais il y a pire encore, on cherche à profiter le plus possible d'une situation donnée pourvu qu'on reste dans une espèce de légalité.
La loi est la loi, juste ou injuste, et nulle nation ne peut exister si ses citoyens n'obéissent pas aux lois qu'ils ont approuvées d'une façon ou d'une autre. Il serait évidemment souhaitable que les lois et la justice avancent ensemble, d'un même pas, main dans la main. Nous devons nous y employer, car la justice n'appartient à personne en propre.
Reste à savoir s'il existe une autre justice que la justice profane qui, on l'a vu, est variable. A cette justice, on oppose en règle générale, la justice divine. Mais elle est tellement absolue qu'elle inspire plutôt la crainte quand ce n'est pas la peur. Il est vrai de dire que cette justice divine a été promulguée par les hommes au profit de quelques-uns. Cela lui enlève tout caractère sacré.
Et pourtant, en notre qualité d’êtres responsables, nous devons reconnaître et appliquer une justice qui devrait porter le qualificatif de "sacrée". Cette justice-là n'oublie ni la compassion, ni l'amour. C'est dans la tempérance de ses décrets que la justice sacrée, celle donc que nous devrions pratiquer dans chacun de nos mouvements, se manifeste dans le monde.
Certes, il s'agit d'un équilibre toujours à redéfinir, mais une telle définition est apportée par l'Amour lorsqu'il s'est purgé de ses préjugés. Alors la loi sera de nouveau une loi intérieure logée dans notre pleine conscience et dans la pureté de nos intentions. Alors on pourra dire : heureusement que la justice est aveugle !
Enfin, rappelons-nous des maximes qui pourraient nous aider à réfléchir :
- Punir ou ne pas punir ? L'amour ne punit pas !
- Le respect n'est souvent que crainte. De même, le châtiment n'est rien d'autre que vengeance qui engendre la violence parce qu'il y a violence dans tout châtiment.
- Reprendre quelqu'un, même durement, n'est pas punir, mais faire acte d'amour car la guérison en est l'objectif.
- La punition comme la vengeance sont des actes de haine qui engendre davantage de haine encore.
Recherche de l'Atlantide
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30 Mars 2007 à 20:14 dans
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